Apres une longue nuit de reflexion, ou je me tate entre foncer direct en Argentine ( il me reste que 9 jours ) et decouvrir le desert bolivien moyennant un tour, je decide finalement de boucler la boucle en bolivie, et de ne pas rater ce que beaucoup presentent comme la perle du pays. Et vous allez tres vite voir que j'ai fait le bon choix.
C'est parti pour 1350km de 4x4 a travers le desert, en compagnie de Consuelo, du Brog, d'1 allemand, d'1canadienne, et de 2 anglais, sans oublier don Hugo notre chauffeur-guide-mecano, et dona Christina pour la cuisinne. Aussitot sorti de Tupiza, on est deja dans le bain. De grands espaces qui vont se succeder avec une incroyable diversite. En une seule journee, j'ai vu un echantillon de tous les deserts possibles et imaginables. Seule exception, les immenses dunes de sables telles qu'on peut les voir au Sahara, mais ca c'est prevu lors d'un prochain voyage en deuch...
Ohh dread, natty dread... J' aurais pu m'en faire un putain de poncho, mais Hugo le chauffeur nétait pas tres enthousiaste. J'ai goute le lama en chicharon (petits cubes de viande) et ca a un sacre bon gout. Il me tarde deja de gouter un vrai steack de cet animal plutot sympathique.
A ce moment meme ou j'ecris, je viens d'arriver en Nouvelle Zelande (ya 2 h exactement), je vois des grandes tours, et des chinois partout, ca fait un mechant decalage et je comprends plus rien a la vie!
Bref, ma seule envie est de me mettre a jour avant de reprendre la route, je vais donc la faire assez court.
Pour resumer tout ce qui m'a emerveille...
Ces troupeaux de lamas parfois accompagne d'un berger, et pas une seule trace de vie 50km (et souvent plus ) a la ronde, pas d'eau, pas de maison, rien!! Le desert. Comment font ils pour vivre!??! Avec quoi ils se nourrissent??!! Ca te parait effarant.
Comme vous pouvez le voir, je vous met plus de photo, et aussi plus de bordel. Ca correspond pas toujours.
Le petit hameau surgit de nulle part, ou 5 familles tout au plus survivent, les hommes travaillant dans une mine d'argent, et les femmes gardant le troupeau, ou tissant la laine.
Autre decouverte saisissante, ce village de mineurs abandonne il y a tout juste 40 ou 50 ans apres que le diable soit apparu face a un mineur et que celui ci ait accepte le pacte. On est tout fou avec le Brog, on y resterait une demi journee a explorer les maisons, ou encore a grimper jusqu'a la mine abandonnee. Mais on est dans un tour, le guide est un peu tendu, et le vent glacial decourage systematiquement les autres passagers qui ne s'eloignent jamais plus de 10 metres du 4x4. On doit toujours faire un peu plus vite.
Je profite de l'arret dans un village minuscule pour foncer a l'ecole. Le genre de rencontre qui marque les esprits. Les enfants histeriques, et le professeur qui me demande pas a moi comment on ecrit "thank you" en anglais. Attends un peu, je chope la craie et me retrouve face au tableau, 6 annees apres l'avoir quitte...J'y ai ecrit "merci" en anglais, en francais, en allemand, en finlandais ( il avait pas la moindre idee de la ou ca peut etre) et en tunisien (il y en a pas beaucoup qui passent dans le coin)...Du delire, et j'espere un petit voyage pour les enfants.
On aura vu egalement plus d'une douzaine de lagunes toutes plus belles les unes que les autres: des rouges, des bleues, des blanches, ou encore vertes. Certaines avec des lamas, d'autres avec des flamants roses.Tu flippes comme c'est beau.
Quand tu vois ce genre de spectacle, t'es serein, et le sourire te dechire le visage en 2 pour tout le reste de la journee.
La traversee du parc national Eduardo Avaroa avec du Dire straits pour accompagner le coucher du soleil. Pas besoin de dire quoi que ce soit. Ya juste a ouvrir les yeux et fermer sa gueule.
Ce que j'ai pas dit, c'est qu'on a quand meme eu droit a "Vamos a la playa" et "Boys boys boys" l'aprem dans la jeep: ambiance...
Chuuttt! Celle la au dessus, elle est pas loin de la perfection. Merci a Brog qui a demande au chauffeur de s'arreter alors qu'on etait tout juste remonte depuis 2 minutes.
On a vu aussi le desert Dali, des paysages dont s'est inspire le peintre, ou l'on peut voir le desert venir mourrir au pied de la cordillere des Andes. Peu apres un passage a 4700m, arret dans des bains d'eaux chaudes, un pied pas possible accentue d'autant plus par un vent glacial.
Le Brog qui exprime sa joie, Jacob l'allemand qui prend la photo (c'est un peu flou..) et moi a poil (desole pour les boliviennes aux fenetres )qui fait le run de ma vie jusqu'au bassin. Un froid assassin.
Un peu fade apres ce qu'on vient de voir, mais c'etait un petit spot sympathique ou je me suis arrete pour faire caca. Et juste en dessous, un RENARD DU DESERT! UN VRAI! Beaucoup en parlent, mais ils sont pas nombreux a en avoir deja vu...Cette photo elle est pour Cecilien de clermont alias "l'aigle", pour Aude de tres haut en france alias "babouin", et pour toute la "Maleze connection".
Une decouverte fumante a souhait, malheureusement apres que le soleil ait disparu, les geysers. L'odeur du souffre, toujours ce vent qui te momifie, et le seul abruti a etre en claquette: le greg.
Paysages de psychopathes encore et toujours dans ce desert de pierre, des formes sorties tout droit de l'imaginaire.
Ensuite c'est l'arrivee au fameux desert sale d'Uyuni. Les grands espaces. Une impression d'infini. Tout blanc, et pas le moindre horizon. Ca te depasse. Un vrai sentiment d'absolu.
J'ai beau faire attention, je suis un vrai petit porc. Une filtre crasseux, et une photos gachee a l'arrivee. Parti comme je suis parti, mon appareil ne finira pas le voyage...Et ce qui est sur, c'est que je ne pourrais plus jamais utilise un jetable de ma vie.
Et sorti tu ne sais pas d'ou, "l'ile des pecheurs", une colline de pierre, herissee d'une foret de cactus, allant jusqu'a 12m pour le plus grand. Ca devient de la science fiction. Tu comprends plus rien.
Et je n'arrive toujours pas a faire pivoter ces photos a partir d'un cd, alors que ca doit etre une manip a la con. Enregistrer la photo sur le disque dur et apres? Utiliser quel programme? J'attends vos reponses les informaticiens, et si vous en avez le courage vous pourriez sauvegarder mon blog avant qu'il m'arrive une chiure.
Et le plus lourd des 4 jours, une rencontre que j'avais pressentie, annoncee egalement a Brog, c'est la rencontre de Sergio et Seb arretes devant un musee du sel, en plein milieu de ce desert. J'ai saute du 4x4 en marche pour leur sauter dessus. Le genre de rencontre premeditee, mais toujours hallucinante. Le coeur battait comme une mitraillette tellement le contexte etait fou. Ces deux loulous a qui j'ai parle de mon voyage ont finalement fait la meme chose, partant meme un mois avant moi. Et ce sont ces 2 memes huluberlus que je dois retrouve ce soir a Auckland, et avec qui je vais silloner les routes de Nouvelle Zelande. Une rencontre au sommet. J'aurai l'occasion de vous parler davantage d'eux, a qui les grosses vagues de 3m bien agressives ne font pas peur une fois sur leur surf.
C'est le genre de gars que je croise a 6h du mat un jour de tempete sur le front de mer Hendayais. Moi je rentre au camping apres avoir traine 1h une fois le bar ferme, et lui, deja debout, attend patiemment que le swell se leve, en profite 1h et se casse au boulot. Des vrais, des purs!
Ah Christina la cuisiniere, il lui reste en tout et pour tout 2 chicots, tellement qu'elle bouffe des chickles, des sucettes et autres conneries en tout genre. Mais il lui reste aussi la grace.
J'espere que vous aimez ce genre de photos en dessous, parce que je vais en faire une floppee tout au long du voyage. Attendez les trains en Inde, ca devrait etre pas mal.
L'exploitation du sel, qui fournit tout le pays. Ca fait bien d'en parler meme si j'ai pas trop interroge Hugo a ce sujet. Trop exite par les photos a chaque arret, et trop presse de se rechauffer une fois rentre dans le 4x4.
Autre grand moment, le cimetiere des trains et son cadre completement mystique. T'es comme un gosse a sauter partout, grimper, ramper, escalader...La aussi on voyage dans le temps avec ces engins qui vont traverser les siecles. Manque un arsenal de paintball pour simuler des attaques de trains, et tu repeinds le site.
Un vrai paradis pour photographe ce cimetierre des trains.
Aussitot arrivee a destination, au village d'Uyuni, c'est l'heure de dire au revoir au Brog et a Consuelo une enieme fois, mais cette fois ci c'est bel et bien la derniere. Forcement beaucoup d'emotions et un pincement au coeur apres tout ce qu'on a vu et vecu. Tout le monde reprend son chemin de son cote et moi je repards solo avec Hugo et Christina. On arrive vers minuit a Tupiza. Mais j'en ai pas encore assez. J'ai trop envie de pousser un peu plus le tracage, voire de ne jamais m'arreter. J'attends un train qui part a 4h00 du matin pour la frontiere argentine. Et a la frontiere, j'enchainerai avec des bus. Les grandes distances me laissent intact. Pas la moindre trace de fatigue. Je veux voir defiler du paysage, et bouffer des kilometres. Pourquoi? Je sais toujours pas, et peut etre que je ne saurai jamais. Ce qui est sur? C'est que je me regale, et que j'en redemande.
Demain, c'est samedi et je veux attaquer l'argentine en force, pas vraiment envie de me retrouver dans un bus toute la soiree. Le depart de Bolivie est assez radical, mais il ne me reste que 5 jours pour decouvrir l'Argentine. Je suis deja bouillant de retarder une seconde fois mon billet d'avion.
Cette photo je l'adore parce que je l'ai faite depuis la jeep alors qu'Hugo tirait bien la bourre a la sortie de la ville. Ya des jours ou la photo te reussit, tu peux prendre tout et n'importe quoi, c'est reussi et ca sort toujours bien au final. Et d'autres jours, t'as pas la moindre inspiration, tu peux avoir un chef d'oeuvre en face de toi, et le declic vient pas, ya rien a faire.
Une toute derniere photo de nuit en Bolivie, et demain c'est un nouveau voyage qui commence.
Bye bye Bolivia, y gracias por tus buenas ondas.