Arrivee a Sucre, une ville bien conviviale entouree de basses montagnes, avec un riche heritage colonial, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Petit concert jazz ( hommage a Jodim, un celebre musicien bresilien ) le dimanche soir dans une splendide cour entouree d'arcades.
Visite du musee d'art indigene, qui renferme une trop riche collection: ya des trucs magnifiques mais trop en quantite si bien que t'es blase...Sauf devant les momies, toujours impressionnant comme elles ont pu se conserver, meme apres tant d'annees.
Le marche du centre ville, ou l'on peut deguster le "dulce de leche", une delicieuse pate/creme, pour laquelle les amateurs de nutella serait capable de tuer...Un truc assez enorme qui te fait vite perdre la raison!
Photo du Brog, les couilles sont en haut, a cote du sceau vert, je les ai en gros, mais c'est surement pas le plus joli.
Enfin le mercado campesino haut en couleur, et suffisament a l'ecart pour que les vendeurs soient peu habitues aux touristes: encore une fois, ce sont des rencontres au sommet qui s'improvisent, ca rigole et je me regale. Entre autres, une mama qui patiente en tchaopinant les couilles d'un agneau:
- "cinco pesos joven!"
- "Para que?"
- "Para poner en la sopa, esta muy rico joven, comprame!"
Je la fais super rapide parce que c'etait du delire pendant une demi heure, toute la rue nous observant. Vraiment du lourd.
Dans le meme delire, on est alle a l'ouverture des portes de l'abattoir, quand les mamas se jettent pour acheter des cochons entiers. La encore, des photos assez originales que je mettrai plus tard.
Pas enormement de photo pour sucre, elles apparaissent toutes super sombres sur mon cd...On pars donc pour Potosi, ville perchee a 4070m d'altitude, la plus haute au monde pour une ville de cette taille.
Et je tombe amoureux des les premiers pas dans la ville, une sorte de mix entre Cuzco et la Paz, et je retrouve ce froid vivifiant que j'adore tant.
La ville fut autrefois la plus riche d'amerique du sud, grace a ses mines d'argent qui avait plus de valeur encore que l'or a cette epoque. Des millions d'esclaves africains et indigenes ont travaille dans les mines du Cerro Rico, la montagne sacree qui domine la ville.
Au fond a droite, la mine de l'Etat qui a deja arrete l'exploitation...
Le travail se deroulait et se deroule toujours dans des conditions alarmantes, et plus de 8 millions de mineurs sont morts des maladies, des accidents, ou encore des cheminees de gaz toxiques, et ce pendant les 3 siecles de l'epoque coloniale. Les conquistadors obligeaint parfois les indigenes a travailler 6 mois consecutifs sans pouvoir sortir la nifle de la mine. Fallait mieux sortir les yeux bandes a la sortie, quant aux esclaves africains qui n'encaissaient pas vraiment bien le froid, beaucoup ont ete amenes dans les regions nord de la Bolivie.
La, il faut pencher la tete mais la photo en vaut la peine...Il sagit de l'entree de la mine, et mes informaticiens, les cantas ou encore marco doivent vraiment me prendre pour une bite.
Aujourd'hui, les ressources en argent semblent etre quasi epuisees, on continue tout de meme a exploiter les minerais de zinc et de plomb. Il y a donc plus de 130 mines en activite, pour plus de 12000 mineurs qui y travaillent dans des conditions on ne peut plus archaiques. On peut rencontrer des enfants de 11 ans qui travaillent deja dans les galeries, pour 40 pesos soit 4 euros...
L'exploitation est encore jugee possible pour les 25 prochaines annees, apres quoi il est prevu de re exploiter toute la roche sortie de la montagne. Mais si cette activite necessite la moitie de la main d'oeuvre actuelle, ce sera deja un vrai petit miracle. L'avenir de Potosi semble donc assez noir sachant que l'activite economique de la ville repose entierement sur l'exploitation des mines ainsi que le tourisme.
Petit tour au marche des mineurs avant l'immersion, ou on achete feuilles de coca, clopes, alcool a 96% et sodas pour offrir aux travailleurs tout au long de la visite. Tout les vendredis, ce sont des "challas" aupres du "Tio", ou le diable afin que celui ci apporte sa protection, ainsi que du minerai en abondance. Ensuite, ils peuvent se prendre une grosse cuite... Allez y, foncez les gars, vous l'avez pas vole celle la. Et c'est vraiment le seul moyen de recharger les batteries pour le lundi. J'ai goute l'alcool a 96% histoire de pas mourrir con, et le plus dur c'est de garder le sourire apres l'avoir avale: si le Tio te voit tirer la grimace, c'est que tu ne merites pas de travailler a la mine, et de mauvais presages s'annoncent pour toi.
Vraiment super de s'enfoncer dans les entrailles de cette montagne, avec de vrais passages techniques pour acceder a certaines galeries: un autre univers. Seule frustration, tu voudrais y rester la journee, en deux heures, tu peux pas prendre toutes les photos que tu voudrais, l'appareil qui morfle un max, et beaucoup de dechets au final. Ce n'est pas l'envie de me perdre dans ces galeries qui me manquait, je note aussi que les conditions de travail n'ont guere evolue depuis des siecles, et une semaine de travail ici sans l'excitation que peut procurer l'or m'aurait ete probablement impossible.
Retour dans les rues de Potosi, ou tu retrouves le meme spectacle qu'a La Paz.
Je suis meme monte sous les toits de l'eglise, bien sur, elle etait en cour de renovation, et c'est ce qui m'a interpelle: "Este gringo esta loco" se lancent les ouvriers d'une toiture a une autre.
Et la cerise, c'est cette femme qui renove des pieces interieures avec une grande minutie. Serenite garantie dans cet atelier improvise sous les toits de l'edifice. Je me sens comme un gamin qui vient de trouver un tresor, et cette femme qui comprend rien a ce que je fous la. J'adore.
Et la bonne surprise, c'est un petit resto ou tu te casses le ventre avec de la bonne barbaque pour la misere. On se rapproche petit a petit de l'argentine.
