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Mardi 17 octobre 2006

 

Arrivee a Sucre, une ville bien conviviale entouree de basses montagnes, avec un riche heritage colonial, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Petit concert jazz ( hommage a Jodim, un celebre musicien bresilien ) le dimanche soir dans une splendide cour entouree d'arcades.
Visite du musee d'art indigene, qui renferme une trop riche collection: ya des trucs magnifiques mais trop en quantite si bien que t'es blase...Sauf devant les momies, toujours impressionnant comme elles ont pu se conserver, meme apres tant d'annees.


Le marche du centre ville, ou l'on peut deguster le "dulce de leche", une delicieuse pate/creme, pour laquelle les amateurs de nutella serait capable de tuer...Un truc assez enorme qui te fait vite perdre la raison!

Photo du Brog, les couilles  sont en haut, a cote du sceau vert, je les ai en gros, mais c'est surement pas le plus joli.
Enfin le mercado campesino haut en couleur, et suffisament a l'ecart pour que les vendeurs soient peu habitues aux touristes: encore une fois, ce sont des rencontres au sommet qui s'improvisent, ca rigole et je me regale. Entre autres, une mama qui patiente en tchaopinant les couilles d'un agneau:
- "cinco pesos joven!"
- "Para que?"
- "Para poner en la sopa, esta muy rico joven, comprame!"
Je la fais super rapide parce que c'etait du delire pendant une demi heure,  toute la rue  nous observant. Vraiment du lourd.

Dans le meme delire, on est alle a l'ouverture des portes de l'abattoir, quand les mamas se jettent pour acheter des cochons entiers.  La encore, des photos assez originales que je mettrai plus tard.

 Pas enormement de photo pour sucre, elles apparaissent toutes super sombres sur mon cd...On pars donc pour Potosi, ville perchee a 4070m d'altitude, la plus haute au monde pour une ville de cette taille.

 Et je tombe amoureux des les premiers pas dans la ville, une sorte de mix entre Cuzco et la Paz, et je retrouve ce froid vivifiant que j'adore tant.

La ville fut autrefois la plus riche d'amerique du sud, grace a ses mines d'argent qui avait plus de valeur encore que l'or  a cette epoque. Des millions d'esclaves africains et indigenes ont travaille dans les mines du Cerro Rico, la montagne sacree qui domine la ville.

Au fond a droite, la mine de l'Etat qui a deja arrete l'exploitation...

Le travail se deroulait et se deroule toujours dans des conditions alarmantes, et plus de 8 millions de mineurs sont morts des maladies, des accidents, ou encore des cheminees de gaz toxiques, et ce pendant les 3 siecles de l'epoque coloniale. Les conquistadors obligeaint parfois les indigenes a travailler 6 mois consecutifs sans pouvoir sortir la nifle de la mine. Fallait mieux sortir les yeux bandes a la sortie, quant aux esclaves africains qui n'encaissaient pas vraiment bien le froid, beaucoup ont ete amenes dans les regions nord de la Bolivie.

La, il faut pencher la tete mais la photo en vaut la peine...Il sagit de l'entree de la mine, et mes informaticiens, les cantas ou encore marco doivent vraiment me prendre pour une bite.

Aujourd'hui, les ressources en argent semblent etre quasi epuisees, on continue tout de meme a exploiter les minerais de zinc et de plomb. Il y a donc plus de 130 mines en activite, pour plus de 12000 mineurs qui y  travaillent dans des conditions on ne peut plus archaiques. On peut rencontrer des enfants de 11 ans qui travaillent deja dans les galeries, pour 40 pesos soit 4 euros...

L'exploitation est encore jugee possible pour les 25 prochaines annees, apres quoi il est prevu de re exploiter toute la roche sortie de la montagne. Mais si cette activite necessite la moitie de la main d'oeuvre actuelle, ce sera deja un vrai petit miracle. L'avenir de Potosi semble donc assez noir sachant que l'activite economique de la ville repose entierement sur l'exploitation des mines ainsi que le tourisme.

Petit tour au marche des mineurs avant l'immersion, ou on achete feuilles de coca, clopes, alcool a 96% et sodas pour offrir aux travailleurs tout au long de la visite. Tout les vendredis, ce sont des "challas" aupres du "Tio", ou  le diable afin que celui ci apporte sa protection, ainsi que du minerai en abondance. Ensuite, ils peuvent se prendre une grosse cuite... Allez y, foncez les gars, vous l'avez pas vole celle la. Et c'est vraiment le seul moyen de recharger les batteries pour le lundi. J'ai goute l'alcool a 96% histoire de pas mourrir con, et le plus dur c'est de garder le sourire apres l'avoir avale: si le Tio te voit tirer la grimace, c'est que tu ne merites pas de travailler a la mine, et de mauvais presages s'annoncent pour toi.

Vraiment super de s'enfoncer dans les entrailles de cette montagne, avec de vrais passages techniques pour acceder a certaines galeries: un autre univers. Seule frustration, tu voudrais y rester la journee, en deux heures, tu peux pas prendre toutes les photos que tu voudrais, l'appareil qui morfle un max, et beaucoup de dechets au final. Ce n'est pas l'envie de me perdre dans ces galeries qui me manquait, je note aussi que les conditions de travail n'ont guere evolue depuis des siecles, et une semaine de travail ici sans l'excitation que peut procurer l'or m'aurait ete probablement impossible.

Retour dans les rues de Potosi, ou tu retrouves le meme spectacle qu'a La Paz.

Je suis meme monte sous les toits de l'eglise, bien sur, elle etait en cour de renovation, et c'est ce qui m'a interpelle: "Este gringo esta loco" se lancent les ouvriers d'une toiture a une autre.

Et la cerise, c'est cette femme qui renove des pieces interieures avec une grande minutie. Serenite garantie dans cet atelier improvise sous les toits de l'edifice. Je me sens  comme un gamin qui vient de trouver un tresor, et cette femme qui comprend rien a ce que je fous la. J'adore.

Et la bonne surprise, c'est un petit resto ou tu te casses le ventre avec de la bonne barbaque pour la misere. On se rapproche petit a petit de l'argentine.

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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Lundi 2 octobre 2006

Depart de Santa cruz a 14h, c'est parti pour une longue journee de bus. Sans regrets, il pleut ici. En meme temps, c'est jamais desagreable, car elle balaye d'une part la chaleur, et d'autre part je ne l'ai vu pas plus de 6  fois en plus de 3 mois de voyage maintenant.
Mais au bout de 3 heures de route, je vais avoir droit a une specialite bolivienne, le bloqueo, ou le barrage routier. Je ne les avais pas encore evoque, mais ici, c'est un vrai sport national ce qui souligne a la fois un gros malaise et une situation ambigue. Il y en a tous les 10 jours, et encore davantage en ce moment.  Les raisons sont assez variees, il y en a une  partie legitime comme celles defendant les conditions de vie des mineurs ou  des paysans, et d'autres plus desolantes comme celles revendiquant l'independance. Il y en a en effet 4 departements boliviens qui souhaitent l'independance, en gros la partie ouest, l'envie etant la plus prononcee dans la ville de Santa cruz. C'est ici qu'il y a le petrole en plus d' une grosse activite economique, ce qui rapporte bien plus d'argent a l'etat que les autres regions du pays. Mais ceci n'arrangerait carrement rien, et creuserait meme les disparites entre la bolivie moderne et la traditionnelle, alors qu'elles evoluent souvent cote a cote dans un meme departement.

Il s'agit ici d'un mouvement paysan, et meme si la plupart ne savent pas repondre quand on leur demande pourquoi il font greve, on ne peut que s'aligner avec eux quand on voit dans les rudes conditions de vie dans ces regions reculees. Ce sont tout les contrastes de la Bolivie (pourtant visibles au quotidien) qui eclatent au grand jour. Le barrage sera finalement leve apres 8h d'attente, et de negociations avec les representants de l'Etat. Un citadin peut aisement traverser le pays de long en large, tandis qu'un paysan doit se saigner pour se paer un aller retour a la ville. Qui entretient les routes? Qui les utilise? On rentre la dans un long debat sans reponse...

La determination malgre l'incomprehension, et des echanges entre les 2 partis qui tournent souvent a la moquerie. Je demande pourquoi tout ca a 3 personnes dans le bus, mais pas un seul ne sera me repondre. Arrivee a Vallegrande a 1h00 du mat.

Tout le monde reconnait cet endroit celebre, le lavoir de la clinique, ou l'on a expose le corps du "Che" quelques heures apres qu'il ait  ete abattu par l'armee bolivienne. Je vais pas vous raconter sa vie, vous trouverez toute ca en 3 clics sur le web. Je rajoute seulement que son corps et celui de ses compagnons ont ete enterres dans une fosse a cote de l'aeroport pendant  30 ans,  le lieu ayant ete garde secret par le gouvernement bolivien jusqu'en 1998 avant d'etre transfere a Cuba.

Le trajet en camionette jusqu'a La Higuera est assez folklo, des tables fraichement teintees, 2 chiens et 2 cochons attaches qui ne se genent pas pour se chier et se gerber dessus, et un gros tas de sable a livrer au milieu de nulle part. Plus on avance, et plus on rentre dans l'ambiance western grace aux paysages arides et aux villages traverses. Un coup t'es chez les indiens, un autre dans une ville moderne, et ensuite tu te retrouves chez les cowboys: les changements d'une region a une autre sont vraiment hallucinant, et c'est pas par hazard si je suis reste 2 mois dans ce pays...La Bolivie est fascinante!!

Decouverte de la Higuerra, et de son ancienne ecole ( transformee aujourd'hui en musee) ou le Che a ete detenu puis assassine. Il ne se passe absoluement rien dans ce village qui semble etre un bout du monde.

Ici, le tourisme est la seule micro economie du village, et l'accueil des locaux en est d'autant plus chaleureux.

Une habitante sort les vieilles photos, lui c'est un pot du "Che" venus visiter le village, a droite une ancienne touours en vie, et a gauche la naine qui a cuisine les 10 derniers jours dans la ferme alentour ou il s'est fait capturer. J'ai oublie de dire, mais on rencontre beaucoup de nains a Santa cruz, meme plusieurs fois par jour alors qu'en  France, quand t'en croise un, t'es "tranquille" pour un an, t'as remplis les quotas. Je me moque absoluement pas des nains qui sont d'ailleurs tres sympas, mais ceux qui me connaissent savent que j'ai toujours ete fascine par ces etres(qu'ils soient fictifs ou reels) et j'ai meme ete parfois jusqu'a en kidnapper quelques uns (je salue d'ailleurs tout mes complices). Alors je termine par un hommage a eux, et un special BIG UP a la naine qui a aide le "Che" dans son combat.

Pause carottes sur la route, oui elles ont ete lavees dans la marre, oui je me suis regale tant elles etaient fraiches, oui j'ai choppe une bonne chiasse...Et je remercie tres fort Loperamide ( l'equivalent de l'Immodium) qui te sauve parfois dans les longues journees sur la route.

Seul gros regret dans le village de la Higuerra, un francais qui vit ici depuis 3 ans troublant le calme du village, et se montrant tres deasagreable au dire des locaux. Il rachete meme les maisons et les terrains a la moindre opportunite sans trop dire ce qu'il a derriere la tete, laissant les locaux totalement impuissants et meme inquiets.

Apres avoir retrouve le Brog et Consuelo une enieme fois, on se lance dans une attente de 24 heures dans le village de Pucarra, le but etant de chopper un bus pour Sucre, qui passe 2 fois par semaine. Et la, ambiance western plus que jamais dans ce village entoure de collines a perte de vue, les villageois stagnant des heures a la porte de leur maison, d'autres appuyes contre les parois sans dire le moindre mot. Tous laissent le temps passer, ce meme temps qui semble arrete depuis des siecles.

 

Allez une petite derniere, car c'est vraiment du bonheur...

On pourrait tenter du stop, mais vraiment aucune voiture ne passe ici. Qu'est ce que cette route peut elle bien nous reserver?
Session photo dans les rues desertes du village, puis session hamac.

Compte tenu de son isolement, et surtout de son mode de vie, ce village est un petit paradis de la photo. Il n'y a rien a dire, il suffit de contempler et voyager.

Charlar, charlar y charlar, voila en resume les activites des villageois. Qu'est ce que j'aimerais leur apprendre la petanque a tout ces anciens histoire d'amuser un peu la galerie. C'est tout con comme jeux la petanque, mais ca leur apporterai une petite etincelle a leur quotidien, ou il ne se passe pas carrement rien...

Une longue discussion avec ce monsieur, et au final un petit tournant dans ma vie. Seulement a travers son regard, il a reussi a modifier une idee pourtant fortement ancree dans ma tete au sujet des enfants. Pas envie de rentrer dans les details, mais je suis pas pres de l'oublier le coco.
Sinon au menu des discussions, pourquoi on fait moins d'enfants chez nous?, pourquoi plus tard?, pourquoi plus de divorces? Partir ou rester? bref c'est en parlant de tout et de rien, d'ici et de chez nous que l'on prend conscience du fosse qui nous separe. Ou est la verite? Qui a le plus raison? On ne saura jamais. En tout cas, ce qui est sur c'est qu'il s'est passe un truc de fou en 1 heure de discussion avec ce petit vieux.

 

Seul bruit qui nous derange pendant la session hamac, le bruit du vent qui caresse les feuilles... Et quand le vent s'enerve, on apercoit de vrais tourbillons de poussiere qui s'elevent dans les rues de Cuparra. C'est tout simple, mais tu te crois vraiment dans le grand ouest americain, et jamais je n'aurai cru decouvrir des atmospheres pareilles en Bolivie.

Encore une tres belle experience dans ce village ou il n'y a rien. C'est une maman qui nous a fait a manger dans son "garage-salle a manger", car il n'y a meme pas de boui boui pour se restaurer.
Au final, la magie du voyage a encore frappe, il se passe toujours des trucs enormes meme la ou il n'y a rien, et tu te decouvres toujours un peu plus. Mais c'est pas l'heure de tirer les conclusions, il reste 8 mois et demi de voyage, et la partie "spirituelle" du voyage se fera davantage en Asie.

Le bus arrive. Et c'est presque trop tot. Meme apres ces 24h d'attentes. On est sorti de l'echelle du temps, et j'ai pas vraiment envie d'y reentrer. Pas de suite. J'etais bien la, a lezarder au soleil, avec le cerveau au ralenti. J'ai pas le souvenir de beaucoup d'aprem a rien faire comme celui ci. Le deuxieme exactement et de loin le meilleur.

En route maintenant, je suis curieux de voir ce que reserve cette piste si peu frequentee en direction de Sucre. Je me retrouve encore une fois avec "la place du couloir". Je l'aime bien car tu te ballades comme un gamin pour prendre des photos, t'as autant de voisins que tu veux pour tcharrer, et tu t'installes tranquillement dans les caisses et les sacs qui encombrent l'allee. Par contre, de nuit quand tout le monde dort, et que le couloir est vide, la c'est la misere...

Il ne faudra pas attendre longtemps pour que se succedent en serie des paysages grandioses. Je le savais. Une sorte de pressentiment. Cette route offrirait de veritables tresors oublies. Paysages et villages reunis. C'est comme en dyane (ma voiture, equivalent a une deuch) quand tu vas te perdre dans un trou du cul des pyrenees, ou que tu traverses la france en diago par les departementales: au final, t'es toujours recompense. Tu vois tout. Tout ce qu'il faut voir. Plus qu'un spectacle, un vrai tour de manege. Autrement plus amusant que les nationales qui t'offrent  souvent le visage le plus vilain de chaque ville. La seule difference ici, ce n'est pas moi qui aie les commandes.

On voit de fabuleux paysages arides a perte de vue, des hameaux et plus souvent des maisons isolees ou la vie semble totalement impossible, et des voies ferrees oubliees par les hommes et par le temps. Je me repete un peu, mais je vous assure que j'ai beau etre assis dans le bus et rien faire de plus, il y a de vrais detonations dans mon ventre tant le spectacle est saisissant. Le visage marque, et les costumes uses de ces paysans qui vivent et  survivent selon les memes traditions depuis des siecles. J'ai la meme fascination que devant un reportage du national geographic, mais en live cette fois. Et ca fait des grands "BOOM" dans ton ventre.

Sur ma rangee de siege, dans l'ordre depuis la vitre opposee. Un  vieux borgne aux cheveux blancs, 1 bras termine par un moignon, l'autre par une fausse main demesuree, recouverte d'un gant. Ensuite, une vieille tellement vieille qu'elle est vraiment magnifique. Tu peux passer des heures a la contempler, au detour de son attention biensur. A ma gauche, une jolie et jeune mama malgre l'age indefinissable, qui allaite son bebe avec ses seins eux aussi demesures. A droite, par la fenetre, des paysages de psychopathes. Bref la demesure est partout ou je pose mon regard. A l'interieur comme a l'exterieur, j'hallucine. Scenario original pour un dimanche matin.
On arrive a Sucre. Le manege est termine.


J'avais les boules de pas etre a Sucre pour le samedi soir, mais mon dimanche matin a tout nike...
Je ne le regarde jamais, mais la, ca vaut vraiment une annee entiere de Telefoot...
Desole pour les photos, il y en a quelques unes pourtant exceptionnelles, mais le cd est raye...Dans ton cul Lulu!

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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Dimanche 1 octobre 2006

Arrivee a l'aube a Santa Cruz, la ville la plus peuplee de Bolivie, situee a l'est du pays. On pose les sacs a l'hotel, avant de faire le petit dej habituel au marche. Au premier abord, la ville est bien agreable meme si les rues se ressemblent beaucoup.

On trouve encore des photographes bien "old school" sur les places des grandes villes, et cette fois ci, on laisse pas passer cette opportunite. Une pose de 10 secondes sans bouger, les produits chimiques avec lui pour reveler le negatif a l'envers s'il vous plait, donc un vrai travail a l'ancienne , pour un resultat qui dechire tout. La, on s'en rend pas trop compte, c'est une photo de la photo, mais quand on a ca dans les mains, c'est un voyage dans le temps!

C'est l'heure de dire au revoir a la barbe, et d'aller se faire pomponer chez le  barbier (une femme en l'occurence). Bien agreable a la sortie,  meme si je n'ai pas retrouve toutes les sensations et les petits soins qu'ont pu me decrire d'autres voyageurs. Donc experience a renouveller, tres surement en Asie, ou le travail doit etre un peu "moins muscle"...

La barbe a ete une protection redoutable contre les moustiques, mais faut pas la garder trop longtemps, car  si elle peut attirer quelques voyageuses, elle protege bien des autochtonettes. La plus grosse hallu a Santa cruz, c'est la proportion vraiment demesuree de jolies femmes, et les plus belles jambes du monde, je sais pas si c'est la proximite du Bresil et de l'Argentine, en tout cas, elles ont rien a envier a leurs voisines. Seul moyen de rester calme, c'est de chercher les moches quand tu te promenes, exercice aussi difficile que la recherche d'un cepe au mois de decembre...

Je vous invite maintenant a  une ballade dans Santa Cruz by night, la photo de nuit, c'est vraiment un des trucs qui me fait le plus tripper. 

 

La cathedrale "je sais plus comment" qui borde la place centrale de Santa cruz. Le centre est vraiment tres calme le soir, dur de trouver un resto ou une bouteille d'eau meme, bars et restos se concentrent dans des quartiers plus eloignes. Mais je garde quand meme le rythme du jour, et la fatigue s'installe rapidement le soir.

En revanche, la journee la place reunit pas mal de monde dans un calme assez hallucinant: petits vieux, joueurs d'echecs, touristes, vendeurs ambulants, etudiants ou encore cireurs de chaussures...Un vrai regal, quand je me cale a une table pour ecrire. Je retrouve meme un des bruits de la jungle, un truc indescriptible qui s'echappe des arbres. Ca me fait bloquer mais aucune idee de ce que ca peut etre, et pourtant on l'a tous entendu dans les films . Plus tard, je me vois offrir un cafe par  une etudiante assise sur un banc un peu plus loin (merci nathalie), et j'apprendrai qu'il s'agit d'une Chicharra. C'est un petit insecte qui emet un son tres fort, dans l'intention de s'accoupler compte tenu de sa vie tres courte.

C'etait la minute culturelle, car j'explique de moins en moins de choses sur ce blog. En dessous, la vue depuis l'hotel, un carrefour bruyant et ordinaire. Je reste scotche une demi heure a prendre des photos.

On est alle se faire un cine avec un film bolivien explosif que je conseille a tous les internautes s'ils parviennent a le telecharger: "Quien  mato a la llamita blanca?". Une comedie qui caracterise la Bolivie sous tous ses angles, sans oublier le moindre de ses problemes. A souligner avant tout une realisation hors du commun qui te maintient a 200 km/h, et tu rigoles meme si tu pipes rien en espagnol. Allez y, foncez les yeux fermes!

Mon grand regret a Santa Cruz, c'est un stage 5 jours de photojournalisme qui se deroule a l'universite, avec Patricio Cooper. Et la, vous me dites "qui c'est"? Je le connaissais pas non plus, mais le bougre a deja fait de nombreux reportages connus, et quelques uns pour le national geographic, rien que ca (cette revue, c'est ma bible). Je me pointe a l'universite pour le debut du stage, a l'heure en plus, et on est que 3 , puis on finira a 10, ce qui est insuffisant pour lancer les 5 jours. Vraiment degoute!

Bon je quitte maintenant Santa Cruz, sa douce atmosphere, ses musees, et sa maison de la culture, pour aller jusqu'a Valle Grande sur les traces du CHE. Ca promet un changement radical d'ambiance.

 

 

 

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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Vendredi 29 septembre 2006

Des l'arrivee au port de Rurre, on tombe nez a nez avec 2 coqs de combat a l'entrainement. Un vrai combat mais avec des protec en cuir au niveau des pattes pour ne pas qu'ils se saignent. Autant vous dire que j'aurai bien mise un petit billet sur une bete, mais les combats n'ont lieu que le dimanche... Je me rattraperai en Asie, c'est promis.

Apres l'authenticite de La Paz (La Paz, je t'aime!), et la tranquilite des autres villages traverses, la decouverte de Rurre provoque un choc dans ma tete. Une ville touristique, saturees d'agences de voyages, ou l'on voit des hordes de moto taxi silloner les rues. Un bruit effrayant, on se croirait dans "Ken le survivant" avec toutes ces becanes!
Vous ne verrez donc aucune photo de cette ville, qui offre un coktail colore et ultra bruyant a la fois! Je boycotte, d'autant plus que les locaux sont vraiment a la limite du desagreable. L'accueil est toujours rustre, que ce soit a l'hotel, au comedor (cantine de quartier), ou meme au boui boui au coin de la rue.

Juste une petite du marche.

Au final, on reste 24h en tout et pour tout, a noter une bonne aprem a chiller au bord du fleuve,  cloturee par un bateau stop pour rentrer au village (du 1er coup, j'ai  vraiment la bonne etoile!). J'en profite d'ailleurs pour faire un clin d'oeil a Looks, mon ami et compagnon d'Amerique centrale, ainsi qu'a Flo et aux enfants Melisa, Jeremy et Sam. Des bisous a tous les 5!

On reprend les choses serieuses avec une nuit dans un camion transportant du bois, direction San Borja ou l'on arrive au lever du jour, le corps embaume de poussiere. Apres une ballade, un petit graillou et beaucoup d'attente, c'est une camionette qui nous embarque sur l'interminable piste qui mene a Trinidad, ville dominant le bassin amazonien bolivien. On traverse alors la region du Beni, immerges dans d'enormes nuages de poussiere. Des paysages tres plats, d'immenses champs agrementes de palmiers, et quelques crocodiles ecrases en bord de piste.


On apercoit egalement des ranchs et bien entendu les cowboys qui vont avec, arborant la panoplie parfaite: chapeau, lasso en cuir tresse, la gourde...Ils dirigent a cheval le troupeau de betail dans une cohue tres bien orchestree, poussant de grands cris incomprehensibles qui resonnent dans tout mon corps. On s'y croirait vraiment, et l'envie de sauter du camion pour aller travailler une semaine dans un ranch me demange quelques longues minutes...Dommage que je sois court dans le timing.

On arrive tard le soir a Trinidad,  et apres 3 raffuts dans des hotels complets et 2 trajets en mototaxi, on rentre dans l'hotel le plus pourri de la ville. Une douche ou j'ai le temps de compter les gouttes d'eau et je m'effondre. Apres 25 h de camion, t'as plus envie de rien. J'en pete un max. L'air est lourd, la chaleur etouffante, et 3 minutes apres la douche, tu retranspires deja.

On retrouve les motos bruyantes qui envahissent la ville, mais l'atmosphere est plus douce et les locaux  autrement plus sympas.
La recherche de l'office du tourisme pour chopper une carte des environs se transforme en veritable chasse au tresor. 1 h est necessaire pour trouver un bureau super planque, ou les hotesses semblent effrayees de notre arrivee, nos questions pourtant simples leur paraissent surnaturelles. Grosse rigolade au final.


Le meilleur moment de la journee reste la pluie torrentielle qui s'abat en fin d'aprem sur la ville, les motos disparaissent, les egouts debordent et le calme s'installe.

Il y surement plein de choses interessantes a voir dans les environs, mais faute de temps, je grimpe dans un bus de nuit pour Santa cruz. Je passerai d'ailleurs la nuit assis dans le couloir, ca n'a pas que du bon de voyager a la derniere minute...Une derniere photo prise pendant l'eclair, ce qui explique la couleur un peu psyche.... Un recadrage une fois rentre au pays, et ca devrait sortir pas mal.

J'ai pris un retard enorme, je vais faire rapide pour la fin de la Bolivie...

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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Mercredi 20 septembre 2006

On arrive donc a Guanay apres 2 heures de taxi a 6, 4 a l'arriere et 2 a l'avant (sans compter le chauffeur), c'est la formule ici, un 7 eme occupait le coffre la premiere moitie du trajet. Il est donc conseille d'avoir les reins solides avant d'attaquer la Bolivie, ou d'avoir beaucoup de temps si vous voulez voyager systematiquement en bus.

Il est 9 heures a notre arrivee le dimanche matin, la ville est calme, sortant tout juste de ses 3 jours de fete annuelle. Quel dommage d'avoir rate ca, musiques et danses traditionnelles, costumes renversants, et mineurs bourres etaient au rendez vous. Autre hic, on a rate de 30 minutes le bateau pour Rurrenabaque, notre prochaine etape... Je suis revenu sur Guanay pour laisser les photos aux mineurs, chose que je leur avais promis. J'espere que ca donnera pas trop d'idees aux touristes, et que je resterai encore quelques temps le seul gringo a avoir travaille dans cette mine du 6 de enero...A suivre!

Deux solutions s'offrent a nous.
La premiere, c'est le retour a Caranavi et le tracage par les pistes a Rurrenabaque, mais il n'y a rien de plus horrible en voyage que le retour sur ses pas.
La seconde, un  tour partant l'apres midi avec 4 touristes, qui va descendre le Rio Mapiri sur 3 jours jusqu'a  Rurrenabaque.

Je m'etais pourtant promis de pas approcher une agence de voyage durant ce tour du monde. Et apres de longues negociations ( le guide avait besoin de reflechir 1 heure ), on se rajoute a l'expedition (Consuelo, Chris allias Brog et moi)  pour 10 dollars par jour contre 40 pour les australiens et irlandais. Tout compris, repas, hebergement, et transports, l'essence coutant excessivement cher dans ces regions reculees.
Sans me lancer des fleurs, la nego, c'est vraiment trop mon truc, je m'en rend compte tous les jours, et Brog avec qui j'ai fait un long bout de route peut vous le confirmer. Autre exemple, on a ete jusqu'a payer un transport en bus Copacabana-La Paz moins cher que les locaux eux memes, la nego s'etant deroule dans le respect et la bonne humeur. Faut que le gars il reflechisse un max de temps, et t'es sur que t'as trouve la limite.

Au passage, je vous lache le site de Brog, ou vous verrez de magnifiques photos, faites au cours de ses nombreux voyages. C'est  franchement du lourd, et le depaysement est assure! 
http://cbrog.free.fr

Compte tenu de la chaleur etouffante, c'est un vrai regal de descendre tranquillement cette riviere, et de s'adonner a la paresse, tout simplement. J'avais deja descendu cette premiere portion 10 jours auparavant, et c'est toujours un spectacle grace aux baranquilleros que l'on apercoit tout au long de la riviere. Et je suis super bouillant lorsqu'on passe devant le site de Tuparra ou j'ai effectue ma premiere journee de chercheur d'or: impossible de tenir en place.

Et ma premiere impression vis a vis du guide Yvan se confirme des la premiere journee. Un branleur en chemise hawaienne, qui en a plein le cul de son boulot et qui, etant natif de la Paz, ne pipe rien a la jungle. Bref il ne vaut pas un cachou, on va pas apprendre lourd, mais a 10 dollars par jour on ne peut pas demander la lune. c'est les autres qui devraient avoir mal au cul...
Parrallelement, il s'agit d'un groupe calme, 3 couples et moi, et il y a rien de plus chiant pour un guide.

Ici, le paisible hameau de Mayaya, ou j'ai passe 2 nuits lorsque je cherchais l'or a la riviere. Sympa mais j'y passerai quand meme pas un mois, la "formule week end" m'allait tres bien.

 

Des le 1er soir, c'est l'apartheid (comment ca s'ecrit ca?), les 7 gringos mangeons ensemble autour d'un feu, tandis que Dona Glawdys, le guide et les 3 hommes du bateau mangent de leur cote. Autant vous dire que le contexte est franchement detestable. Une nuit bien reposante vient arranger tout ca apres la nuit en camion la veille.

Le deuxieme jour, on demonte le campement sur cette sympathique plage deserte, puis on recommence a "cruser" le matin, avec le bruit du moteur pour nous bercer en continu. Seule interruption lorsqu'on observe des perroquets niches dans les falaises, ainsi qu'un caipiri qui s'abreuve entre deux siestes. Un peu dur a decrire l'engin, on dira que c'est mi chien, mi marmotte...
Arrivee a 11h chez la communaute del Carmen ou l'installe jusqu'au lendemain. Il s'agit d'une communaute de 8 familles vivant en quasi autarcie, seul l'huile, le sucre et les habits sont achetes dans les villes "voisines".

La cuisine gentiment pretee par le village, un veritable musee avec de tout et de n'importe quoi...

 


Marche dans la jungle environnante l'aprem avec Pedro, un vrai guide local qui nous presente les vertues de quelques ecorces d'arbres, avant de passer a la peche au piranha. Pas grand chose a dire a ce sujet, seuls 2 piranhas ont ete sortis, pas un seul pour moi et c'est pas faute de leur avoir donner de la viande a ces cons la! Notre accompagnateur Yvan nous a suivi les 100 premiers metres avant de rebrousser chemin, pretextant un furoncle au cul...
Le soir, petit foot avec les locaux de tout age,et je souligne meme la presence de 2 femmes qui joue tres bien, n'ayant vraiment peur de rien. Elles y mettent la niffle, la tete, et leurs pieds nus, bloquant les attaquants adverses qui jouent en crampons! Hallucinant!

Tchao Pedro! Il est vraiment adorable, et j'y souhaite de trouver rapidement une femme, meme si niveau rencontre, c'est pas evident la ou il vit.

Le dernier jour, une belle ballade avec notre guide a 1 peso,  remis de son furoncle et cavalant comme un furieux. Brog et moi preferons fermer la marche loin derriere avec un des boteros qui en connait deja plus sur la nature. L'apem, une baignade bien rafraichissante dans des bassins naturels, suivi de la traversee du parc National Mapiri toujours en bateau. Arrivee a destination (Rurrenabaque) en fin de journee, aussi con qu'on pouvait l'etre le matin au reveil: pas la moindre info au sujet du parc et de ses environs.

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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