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Dimanche 12 novembre 2006

 

Le Chili commence par un long controle douanier a 2h du matin, pas vraiment marrant, surtout quand t'es en claques et en T shirt a un poste frontiere situe en plein milieu de la cordillere des Andes. Petit remord d'ailleurs de ne pas avoir traverse ces paysages de jour.

 

 

Ici le marche situe a cote du terminal, et bordant egalement le Pacifique.

Que dire de Valparaiso? Aussitot sorti de la gare routiere, tu tombes sous le charme. Ultra colore, une multitude de rues escarpees, ce sont bien les premieres images qui te viennent en tete. Et c'est parfait de commencer comme ca, car le Chili est un pays qui ne m'attirait pas enormement en Amerique du Sud. Pourquoi parler comme ca d'un pays qu'on ne connait pas? C'est sur, au dire des guides ou autres voyageurs , on y trouve de beaux endroits, des paysages de psychopathe, meme du vin de reputation ( les cepages ont ete importes de france, exploites, puis une partie exportee ensuite vers la nouvelle zelande...), mais il manque une culture propre au Chili: il s'agit plus d'un melange de differentes influences. Les chiliens affirment "vivre sur un ile", ce qui marque deja un fosse avec les pays voisins. Les chiliens rencontres sur mon chemin sont pourtant fabuleux, tres ouverts d'esprit, et on retrouve meme une facette europeenne dans ce pays. Je vais arreter la, car mes 2 jours et une nuit passes ici ne me permettent pas de parler plus de ce pays.

 

 

Autrefois, Valparaiso etait une plaque tournante du commerce maritime, avec de nombreuses flottes marchandes anglaises et allemandes et donc un port tres anime. De nombreux allemands qui sont restes vivre ici, des maisons avec une architecture a l'anglaise, et des edifices publics avec un style bien francais, les chiliens ayant rejete tout concept lie a l'espagne aussitot apres leur independance. Bref, un sacre beau melange, mais j'arrete de suite le tralala, car c'est l'heure de retrouver Consuelo.

 Et quel plaisir de retrouver la miss, apres notre longue boucle bolivienne. On s'est quitte ya tout juste 3 semaines et on a tout les 2 l'impression que ca fait une eternite. Puis le  plaisir est toujours encore plus intense, lorsque tu es recu chez les locaux. Accueil tres chaleureux de sa part ainsi que de ses collocataires, le speed des retrouvailles, et 20 milliards de choses a se dire. On tcharrait souvent francais lors du voyage, elle le parle tres bien, mais la c'est espagnol obligatoire. Mes heures sont comptees, et dans moins de 48heures, je devrai parler anglais.

 

Elle habite au bord du port, la vue est parfaite a chacune de ses fenetres.

 

 

 Je passerai ici  2 aprem a silloner les collines formant la ville, tu peux meme utiliser de vieux ascenseurs ici et la pour acceder direct sur les hauteurs de la ville.

 

 

 Des quartiers longtemps abandonnes, qui reprennent vie aujourd'hui. Mieux vaut pas s'aventurer ici le soir, et en plus ya rien a y faire. J'ai vu depuis le tramway une dame se faire arracher son sac par un gamin de 10 ans en plein aprem. Je n'oublierai jamais son cri marquant l'affolement mais surtout l'impuissance au milieu de l'indifference generale...

 

 

Je n'oublierai pas non plus la derniere soiree caliente en Amerique Latine. Une heure entiere d'Emir kusturica et autres musiques tziganes dans la bodega: je vous raconte pas le feu dans la salle, encore jamais vu ca ailleurs. Vient ensuite la page salsa...et la les mots n'existent plus pour decrire ca. Je crois que je ne vous en ai toujours pas parle dans le blog. Ces sirenes toute bronzees, aux longs cheveux noirs, avec des teints couleur cafe, praline, ou encore chocolat qui remuent divinement bien leur corp...et ces rythmes "caliente", ca a beau etre des cd, t'as l'impression que le groupe joue a bloc juste a cote de toi, maintenant une cadence effrenee qui ne s'arrete jamais. C'est vraiment la DEMENCE!  Trop fort et trop intense pour etre retranscrit correctement Je connais personne qui ne perdrait pas la tete. Meme le plus "shaolin" de tout les moines en mangerait sa soutane! Des sourires qui te font l'effet de 220 volts, et cette musique entrainante comme le diable, qui embrase la salle entiere. Bouuh! C'est  TROP! Tu te consummes comme une allumette au moment ou tu la grattes...
Et quand la flamme s'eteint, c'est qu'il faut sortir. Ton corps s'en va, mais la tete je t'assure qu'elle y reste. Longtemps. T'as pas envie que ca se termine. Vraiment pas. Pas de suite. Et pourtant...5h du mat, seulement 2 secondes que je suis dans la rue, et deja un son de cloche qui resonne dans tout mon ventre, marquant le vrai depart. Irreversible cette fois-ci. Je flippe. Demain soir, c'est bus jusqu'a Santiago, puis avion pour la Nouvelle Zelande. Apres 4 mois d'amerique latine, je vous assure, rien que le nom, c'est super fade. Aussitot sorti de cette bodega, et le noeud au ventre qui apparait. C'etait bel et bien les derniers tourbillons de cette tempete latine...
Les premiers mots qui resonnent encore dans ma tete une fois sorti dans la rue: "greg, reviens ici. Reviens ici bordel! C'est chez toi l'amerique du sud."

Et j'ecris ca trois semaine apres, enferme dans le camion sous la pluie de Nouvelle Zelande, j'ai malheureusement plus les mots pour vous faire ressentir cette ambiance brulante qui depasse franchement notre entendement.
Aussi, mon appareil photo est vraiment trop "steack" pour etre trimbale en soiree, et donc pas de photos a vous montrer de cette atmosphere survoltee, et de ces princesses de la salsa.
Les filles qui s'enchainent ensuite des vodkas a l'appart, moi ca sera un the a la menthe. J'ai bu une biere en tout et pour tout dans la soiree. Besoin de rien ici. Et les loulous m'avaient meme reveille avant de sortir...

 

 

 Une epicerie de quartier qui ressemble plus a une brocante.

 

 

Je passe le lendemain en essayant d'apprecier chaque chose a chaque instant, de les saisir au maximum, a la meme maniere qu'un "condamne". Un condamne a partir et a parler anglais. C'est pas grand chose vous me direz. Mais dans le contexte, c'est deja trop. Dans ma tete, il y a plus rien qui apparait de l'autre cote, tout est ici.
En fait, faut pas voir le temps passer, sinon tu reflechis trop. ( En voila une phrase qui me resume bien!)
Il est donc 19h, je devrais aller au terminal chopper un bus pour Santiago et transiter ensuite jusqu'a l' aeroport, mais au lieu de ca "un je sais pas quoi" qui m'entraine sur les hauteurs de la ville faire une heure de photo. C'est la classique. J'ai toujours ete comme ca. Il faut toujours que je parte en courant.  Pour toujours arriver "a pile" ou du moins quelque minutes avant. Une facon a moi de ne pas perdre de temps. Pourquoi je suis comme ca? Pffou! Aucune idee. Deja le jour du bac, j'enjambais la moto 10 min avant l'epreuve pour faire les 7km jusqu'au lycee...Il y a toujours plus de sensations, mais c'est pourtant pas ca ma motivation. Ce qui est sur, c'est que quand je choppe un train a la minute, ou 3 minutes avant, apres avoir bien speede, c'est toujours moi le plus heureux du wagon, ou du moins celui qui a le plus grand sourire. Plus que ceux qui l'ont attendu une demi heure. D'ailleurs la derniere fois que je me suis pointe de moi meme 10 minutes a l'avance, c'etait en juin dernier pour l'anniversaire d'Amir, et beh je l'ai loupe. Bloque au guichet, je me rappelais plus de mon code de carte bancaire, et j'ai vu le train partir...J'ai trop reflechi.


Petit calcul simple pour quitter l'Amerique Latine sans avoir les boules. Je quitte le terminal au milieu des bouchons a 20h30, c'est parti pour une longue heure et demi de bus ou tu ne peux plus rien faire, a part esperer chopper ton avion. Tu tiens pas en place, le speed, seul moyen de te  tranquiliser, tcharrer avec le voisin. Je savoure mes derniers echanges en castellan de la meme maniere que je degusterais un verre de Chateau Margot  Ensuite, j'ai pas fait le cow boy, j'ai pris le taxi en lui demandant de faire comme dans le film, et je suis arrive moins d'une heure a l'avance,  traversant l'aeroport de long en large pour reediter mon billet avant l'enregistrement des bagages. Peut etre que ca ne vous parle pas, d'ailleurs rien d'exceptionnel la dedans, j'etais pas le seul au guichet. Le seul truc a retenir dans tout ca, c'est  que je quitte l'amerique du sud avec le sourire. Pas eu le temps d'etre triste.


Les 3 loulous qui m'ont accompagne jusqu'a la station de bus. Encore un grand merci pour eux.  C'est la derniere photo d'amerique du sud. J'en ai tire 2 ou 3 avec Consuelo, mais j'avais beau essayer, impossible de lacher un sourire.

 

                                    

Par gregory - Publié dans : travelgreg
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